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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 19:35

Réforme et crise des Scouts de France :

 

 

A la suite de la réforme de 1964 intervenue au sein des Scouts de France, plusieurs chefs, cheftaines et commissaires, quittent cette association pour rejoindre la Fédération des Scouts d'Europe créée en 1962. Parmi eux se trouvent Irène Rivière et le Père Revet, fondateur du village d'enfants de Riaumont et aumônier du groupe scout qui s'y rattache.

 

La volonté de créer un scoutisme traditionnel attire de nombreux scouts et en moins de 3 ans, la Fédération des Scouts d'Europe se voit déjà forte de 2000 membres. L'année suivante, ils sont plus de 2500. Cependant, à la vue de nombreux cadres, la proposition de Pierre Géraud, l'un des principaux fondateurs de cette fédération, il est d'une dimension très européenne. Aussi, la prise d'influence de ce dernier est de plus en plus croissante sur la fédération. C'est pourquoi plusieurs groupes préfèrent encore rester chez les Scouts de France, tout en essayant de passer outre les réformes, et garder la pédagogie unitaire. C'est ce que fait en partie, le Groupe Saint Louis de Paris mais c'est le même cas pour beaucoup d'autres dans toutes les provinces.

 

Mt_St_Michel_FSE_1966.jpgPèlerinage de la FSE au Mont Saint Michel en 1966 - Bénédiction du Père Revet

 

 

Aussi, chez les Scouts de France, la situation devient de plus en plus compliquée pour ces quelques groupes qui essayaient de rester fidèles aux traditions du scoutisme : remplacement des maîtrises, des aumôneries, suppressions discrètes de certaines troupes... Pour autant, leurs effectifs dégringolent, à Paris comme en province.

 

Quelques commissaires décident alors de se rassembler pour voir s'ils peuvent créer un mouvement semblable au scoutisme tel qu'ils l'ont vécu eux-même, loin des réformes décidées par les Scouts de France, et de la dimension européenne de la Fédération des Scouts d'Europe. Hubert Verley, Henri Montalbetti et Irène rivière décident de créer une nouvelle Fédération : les « Scouts Saint Georges ». L'association est fondée en 1968, au village de Riaumont et prend le nom du saint patron des scouts. C'est l'époque du Père Héret, grande figure du scoutisme traditionnel.

 

A ce moment, la 1ère Lens, anciennement Scouts de France puis de la Fédération des Scouts d'Europe avec le Père Héret rejoint les Scouts Saint Georges. De nombreuses troupes vont suivre le mouvement très rapidement et les effectifs croissent aussi rapidement que le début de la Fédération des Scouts d'Europe. Cependant, cette dernière à déjà 7 ans et elle double presque ses effectifs chaque année. C'est en 1965 qu'est créée la troupe de Port-Marly, 1ère troupe marine du mouvement, et en 1969 la première troupe du Chesnay au sein des Scouts d'Europe.

Pendant ce temps, et à l'exemple des Scouts Saint Georges, d'autres commissaires entreprennent des pourparlers avec la Fédération des Scouts d'Europe pour essayer de créer un mouvement commun, mais plus national.

 

sct2071.jpg

Un routier des Scouts Saint Georges

 

A la fin des années 60, suite au Concile Vatican II et à la mise en place d'un nouvel Ordo Missae, de nombreux fidèles sont troublés : certains veulent garder la tradition de l'Église et la messe selon Saint Pie V, et d'autres préfèrent suivre le nouvel Ordo mis en place. La confusion sur la messe saint Pie V ou certains disent qu'elle est interdite ou autorisée rend la situation encore plus compliquée. Il y a des répercussions à la Fédération des Scouts d'Europe ou certains préfèrent rejoindre le côté plus traditionaliste des Scouts Saint Georges.

 

Cependant, en Alsace, une troupe luthérienne de la Fédération des Scouts d'Europe et le Pasteur Rigal rejoignent la fédération des Scouts Saint Georges en 1970 : ils ne tiennent nullement à ajouter une dimension européenne au scoutisme qu'ils avaient connu tel que leur proposait Pierre Géraud.

 

Cette association se scinde alors en deux au début des années 1970 : une partie, le siège social suivant Irène Rivière, Louis Faurobertet Henri Montalbetti, et de l'autre, le quartier général. Ils utilisent cependant les même insignes et portent le même nom. L'insigne est dessiné lors de la réunion de fondation, le lys représentant le scoutisme, le chrisme (monogramme du Christ en grec, représenté par les lettres X et P entrelacées) commun aux catholiques et luthériens présents à l'origine du mouvement.

 

Voilà ce qu'écrivait le président des Éclaireurs Neutres de France :

 

"De nouveaux amis"

"Les modifications apportées dans la méthode scoute par les Associations du Scoutisme Français ont eu pour résultat la constitution d'un grand nombre de petites Associations chrétiennes autonomes. Celles-ci tout en appliquant le scoutisme de B.P. tiennent à vivre leur foi comme dans leur ancien Mouvement. Alors nous avons pris contact avec l'une d'entre elles, l'association des "Scouts et guides Saint Georges", nous avons décidé en commun de créer une fédération qui permettra ainsi l'union de tous, tout en préservant l'autonomie de chacune des Associations." (...) "Nous avons maintenant de nouveaux Amis, la Famille s'agrandit, souhaitons que la Fédération soit bénéfique pour chacune de nos Associations ainsi que pour la sauvegarde du scoutisme traditionnel dans notre Pays".

 

Le président est alors M. H. Verley, commissaire général, fondateur des Scouts Saint Georges et ancien directeur des magasins « la hutte ». Son vice-président est M. M. Lepage, président fondateur des Eclaireurs Neutres de France, et leur secrétaire M. H. Montalbetti, comité directeur des Scouts Saint Georges.

 

village-d-enfants-de-Riaumont.jpg

Les enfants du village de Riaumont, ou se trouve la 1ère Lens

 

 

En 1971, les statuts de l'Institut Sainte Croix de Riaumont sont approuvés par dom Jean Roy, abbé de Fontgombault et Mgr Jean Rupp, évêque de Monaco. Attachée aux règles traditionnelles de la vie religieuse et d'une liturgie plus que millénaire, l'Institut de la Sainte Croix de Riaumont se présente donc comme un Institut Religieux pour les scouts. Désormais, l'aumônerie de la 1ère Lens des Scouts Saint Georges sera assurée par cet Institut. C'est cette même année que naissent les Scouts et guides Saint Benoît. Cette association indépendante est à l'exemple des Scouts de Riaumont, fondée par un bénédictin qui désire faire pratiquer la même méthode de scoutisme que ceux de Riaumont. Cependant, ce groupe ne continue pas à avoir une aumônerie desservie par un prêtre célébrant la messe traditionnelle.


Depuis longtemps plusieurs chefs des Scouts de France essaient de garder la pédagogie unitaire au sein même du mouvement. Ces chefs qui ont tenu des pourparlers avec la Fédération des Scouts d'Europe n'arrivent pas à se mettre en accord avec eux : Pierre Géraud ne veut pas modifier les directives déjà prises pour sa fédération. Il n'imaginait pas changer le système déjà adopté par près de 8000 membres au sein de celle-ci. Aussi, voyant qu'ils ne peuvent pas modifier grand chose à la réforme déjà existante chez les Scouts de France, ils se tournent vers les Scouts Saint Georges. Mais ceux-ci rassemblent un grand nombre de groupes traditionalistes qui ne plait pas forcément à ces chefs qui préfèrent suivre le nouvel Ordo Missae. De même, le fait d'avoir séparé cette association en deux les rend sceptiques vis à vis de la bonne stabilité du mouvement. C'est pourquoi en 1971, ils vont créer les Scouts Unitaires de France.

 

Sans titre

Une promesse au groupe Saint Louis de Paris, plus tard devenu SUF

 

Les Scouts Unitaires de France sont environ 700 membres dès leur création et dont plus de 300 viennent du Groupe Saint Louis de Paris. Ce groupe est celui ou sont passées le plus de grandes figures légendaires du scoutisme. Il quittent les Scouts de France qui ont du mal à l'accepter. La réputation de ce groupe et leur scission attire l'attention de nombreux autres qui les rejoindront plus tard. A l'aube de l'année 1972, la Fédération des Scouts d'Europe atteint presque 10000 membres.

 

A la fin des années 1971, on peut ainsi différentier 3 mouvements issus de la réforme des Scouts de France :


En premier, la Fédération des Scouts d'Europe, qui se veut un mouvement européen. Il regroupe en majorité des groupes suivant le Motu Proprio et très peu de traditionalistes comme au Chesnay. Ils regroupent déjà près de 10000 membres.

En deuxième, les Scouts Saint Georges qui se veut un mouvement français. Ils regroupent en majorité des groupes à tendance traditionaliste et un peu moins de groupes qui suivent le nouveau Motu Proprio. Ils regroupent un peu moins de 1000 membres.

En troisième, les Scouts Unitaires de France qui qui se veulent un mouvement français. Ils regroupent quasiment que des groupes qui suivent le nouveau Motu Proprioet acceptent difficilement ceux qui suivent la tendance traditionaliste. Ils comptent dès le début près de 700 membres.

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commentaires

pawé 28/03/2012 12:18

comment s'appelle les commissaires guides au fil du temps?
Réponse VITE URGENT!!!!!!!!!!!