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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 18:24

 

Les Scouts et Guides Catholiques de France :

 

En 1980, il y avait une multitude de petites associations scoutes traditionnelles : Les Scouts Notre Dame, les Scouts et Guides Saint Louis, l'Institut Sainte Croix de Riaumont, les Cadets de France, le Groupe Sainte Marie de Bourg la Reine, le Groupe Saint Michel... En effet, même si le scoutisme est pratiqué de la même manière, elles se différencient de peu au niveau de leur position vis à vis du nouvel Ordo Missae et de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X. Ces associations regroupent généralement très peu d'unités ou de groupes, et vivent pour la plupart proches de leurs paroisses, mais éloignées les unes des autres.

 

Concernant les Scouts Saint Georges, et à la fin des années 1980, on recense des groupes sur Paris, Nantes, Moissac, Bordeaux, Lyon, Strasbourg, Saulx les Chartreux, Reneins, Nice, et bien d'autres encore dans toute la France. Le clan des Scout de France 115ème Paris anciennement «étoile du berger» du secteur Notre Dame était Scouts Saint Georges et le mouvement atteint près de 1500 effectifs.

 

La mise en application du nouveau rituel de la messe vient rapidement créer des tensions au sein de l'association des Scouts Saint Georges auxquelles s'ajoutèrent des querelles de personnes. La différence entre les deux partis se fait de plus en plus évidente : d'un côté ce qui suivent le mouvement traditionaliste, et de l'autre le Concile Vatican II. Souvent, les traditionalistes sont confondus avec des termes inappropriés que les groupes non traditionalistes de ce mouvement ne peuvent supporter. C'est pour cela que certaines troupes commencent à rejoindre les Scouts Unitaires de France, plus intéressés par leurs propositions. Très rapidement, une scission se produit entre les partisans du nouvel Ordo et ceux traditionalistes. Forte du soutien de Riaumont qui les suivent, Irène Rivièrechoisit le deuxième camp. Une assemblée générale constitutive se tient le 26 avril 1980, avenue des Ternes à Paris, immédiatement suivie de la réunion du Comité Directeur provisoire : Président: H.Montalbetti ; secrétaire: I. Rivière ; trésorier: Jean Cordel ; membres: Père Crespel, Louis Faurobert, G.Flura, Roger Hédouin, Michel Maurice, Paul Rigal.

 

 

Le 12 juillet suivant, I. Rivière, Montalbetti et le Père Revet, établissent la charte de la nouvelle association qu'ils viennent de créer et à laquelle ils donnent le nom de «Scouts et Guides Catholiques de France». En octobre 1980, les unités constitutives sont les suivantes : le groupe de Riaumont, le groupe de Mantes la Jolie, le groupe du Wagram près de Paris, plus quelques isolés et des embryons de patrouilles libres de la Fédération des Scouts d'Europe qui les rejoignent ( Bourg la Reine, Aix en Provence, Toulon, Deuil la Barre, Château Thierry).

 

L'aventure de ce nouveau mouvement se poursuit non sans difficultés. En effet, initialement intéressées par sa démarche traditionaliste, certaines unités indépendantes ou issues des associations déjà existantes, se récusent après les premiers contacts, comme certains groupes indépendants ou des unités des Scouts Notre Dame. Pourtant la formule des groupes associés, création originale du mouvement et auxquels plusieurs groupes se sont rapidement construits est bien organisée et relativement pratique. D'un autre côté, certaines unités des Scouts Saint Georges rejoignent les Scouts et Guides Catholiques de France, comme celles de Riaumont près de Lens.

 

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Les débuts sont donc plutôt difficiles, mais peu à peu une structure très lâche et respectant l'autonomie des groupes sans les habituels écrans du district et de la province, se met en place. Les effectifs croissent lentement, mais l'Équipe Nationale se plaît à répéter qu'elle ne recherche pas les gros bataillons au prix de concessions sur le rite tridentin de la messe ou sur la conception du scoutisme catholique, véritable ordre laïc tel que le voulut le Père Sevin. Cette spécificité est le gage de la confiance que lui accordent les parents.

 

Dès 1981, les Scouts et Guides Catholiques se prennent un procès par les Scouts de France qui sont aidés de la Fédération Française du Scoutisme. Ils leur reprochent que le nom de leur association ressemble trop à celui des Scouts de France. Aussi, ils ne veulent pas qu'ils utilisent l'insigne de la croix potencée, qui à été rajoutée en plus de l'insigne des Scouts Saint Georges.

 

L'association des Scouts et Guides Sainte Marie de Bourg la Reine du Père Morandiqui font partie des Scouts et Guides Catholiques de France dépose ses statuts en 1981.

 

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Une cérémonie, à la troupe de la FOS

 

L'année suivante, le chef de groupe du Wagram, Michel Olagnon décide de quitter la nouvelle association pour créer la sienne : les Scouts Godefroy de Bouillon avec alors à l'époque, qu'une vingtaine de membres. Sa raison personnelle est d'après lui, d'ordre pédagogique et doctrinale. C'est déjà la première scission chez les Scouts et Guides Catholiques de France. Il fonde des statuts plus proches de la Fraternité Sacerdotale saint Pie X qui ne sont pas mentionnés dans la charte de l'association qu'ils viennent de quitter. Cette division n'empêche pas les Scouts et Guides Catholiques de France d'augmenter leurs effectifs. En effet, ils voient plusieurs unités des Scouts Notre Dame et des Scouts Saint Georges les rejoindre, si bien que cette dernière association baisse à près de 1000 effectifs. Ils sont alors presque autant à cette date.

 

De leur côté, les Scouts Unitaires de France atteignent 10000 membres et la Fédération des Scouts d'Europe se disent environ 30000. Les Scouts de France perdent toujours des effectifs si bien que la totalité de leurs clans ne comptent environ plus que 1500 routiers. Les Scouts Saint Georges, malgré la création des Scouts et Guides Catholiques de France augmentent encore en effectifs, mais la pédagogie ressemble de plus en plus à celle des Scouts Unitaires de France, si bien qu'on n'en voit presque plus la différence. En effet, les groupes désirant la messe traditionnelle rejoignent pour la plupart les Scouts et Guides Catholiques de France.

 

Alors que la majorité des Scouts Notre Dame rejoignent ce mouvement, la Troupe Henri de La Rochejacquelein, plus grande troupe des Scouts Notre Dame se déclare indépendante mais continue à faire des activités avec les associations scoutes traditionnelles et restent très proche des Scouts et Guides Catholiques de France.

 

En 1983 a lieu le premier pèlerinage de Chartres de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X. Sur près de 1500 marcheurs, on verra de nombreux scouts dont les Scouts et Guides Catholiques de France. L'année suivante, c'est le même cas avec deux fois plus de marcheurs et la même proportion en scouts par rapport à l'année précédente. On remarque que beaucoup de membres de la Fédération des Scouts d'Europe hésitent à faire ce pèlerinage avec leurs beaussants, mais les supérieurs ne tiennent pas à être mal vu par les autorités de l'Église, c'est pourquoi ils ne le font pas.

 

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Les SGCdF au pèlerinage de Chartres

 

En 1984, la 7ème Paris est de nouveau dissoute par la Fédération des Scouts d'Europe car ils sont considérés entre autre, comme trop traditionalistes. C'est le début d'une crise difficile chez les Scout d'Europe avec les groupes qui veulent avoir la messe en latin. Cependant, on considèrera encore le mouvement comme très traditionaliste. Il ne reste au fur et à mesure plus que les troupes comme celle du Chesnay ou celle de Port Marly qui pourront avoir la messe tridentine. Elles font partie des premières troupes de la fédération, c'est pourquoi ils leur laissent un peu de recul, de peur que les autorités mal considérés ne plaisent pas aux chefs de groupes et que leurs unités correspondantes quittent cette fédération. La même année, les «Scouts et guides Saint Marie de Bourg la Reine» deviennent «l'association des Scouts et Guides de Bourg la Reine».

 

Pendant ce temps, vers 1985, les dernières unités des Scouts Notre Dame de France rejoignent les Scouts et Guides Catholiques de France. L'année suivante, le Père Révet, fondateur de l'Institut de la Sainte Croix de Riaumont, associé des Scouts Saint Georges et aumônier des Scouts et Guides Catholiques de France rend son âme à Dieu. Il est remplacé à Riaumont par le Père Argoua'ch.

 

L'association des Scouts et Guides de Bourg la Reine devient la Fédération Ordre Scout avec les Éclaireurs Chrétiens d'Europe qui viennent en partie de la Fédération des Scouts d'Europe. Ils rejoindront bientôt les Éclaireurs Neutres de France. Cette Fédération propose plusieurs moyens techniques aux groupes scouts traditionnels tel que des revues ou insignes, distribuées pour tous ceux qui le désirent.

 

En 1986, les dirigeants de l’Association des Europa Scout qui fait jusqu'alors partie des Scouts d'Europe abandonnent leurs fonctions au sein de celle-ci, mais gardent certains liens avec l'association et s'autorisent quelques conseils. L'année suivante, ils créent une nouvelle association qui portele nom d'Europa Scouts. Ce mouvement est en quelque sorte une réplique des Scouts et Guides Saint Louis de la région de Lyon mais au niveau national, et même européen. Ce n'est au début qu'une association très similaire aux Scouts d'Europe, à la seule différence que leurs troupes ont l'autorisation bien plus facile pour avoir la messe selon le rituel de Saint Pie V et une aumônerie traditionaliste. De leur côté, les Scouts et Guides Catholiques de France prennent encore plus d'ampleur et atteignent près de 2000 membres. On les remarque notamment au pèlerinage de Chartres de 1987 ou sur 12000 marcheurs, on compte plus de 2500 scouts dont une grande proportion qui vient de ce mouvement.

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